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Mardi 5 janvier 2016, 18h - 20h
Projection et rencontre proposée par le collectif SensoProjekt

Au MAC VAL
Le complexe de la salamandre
Film de Stéphane Manchematin et Serge Steyer, avec Patrick Neu (2014, 80’).
Les réalisateurs Serge Steyer et Stéphane Manchematin se sont attachés à une personnalité hors normes du paysage de l’art contemporain. Dans les Vosges, où il vit, Patrick Neu construit patiemment et méticuleusement une œuvre hors normes, énigmatique et singulière, à la fois contemporaine et sans âge. Au fil des saisons, entre travail concret et œuvres rêvées, entre précision du geste et économie de mots, Patrick Neu relie l’art des maîtres anciens à la création contemporaine.
En présence de Stéphane Manchematin.

Kenneth Noland (1924-2010)



Cette oeuvre de Kenneth Noland reprend le motif de la cible bien connu chez son complice Jasper Johns. Chez Noland, la couleur, délicatement aspergée, s'estompe, se dissout. C'est une couleur mouvante, vibratoire. On est happé, captivé. On ne voudrait plus bouger. 




Jorge Queiroz (1966)

Galerie Nathalie Obadia

Untitled, 2014
Pastel, gouache, vinyle et crayon. Sur papier

Il faut cesser de se demander si Jorge Queiroz est dessinateur ou peintre. Il faut aussi cesser de s'interroger sur la signification de ses oeuvres. Queiroz nous y invite, qui les définit comme des "Objets Visuels Non Identifiés". On est libre. Le travail de l'artiste est long, les scènes, comme ils les nomment, se construisent petit à petit, dépendant les unes des autres. On est perdu. On se raccroche à ces volumes anthropomorphes, pas au fond qui entraîne dans l'indéfini.  On du temps devant cette image du "monde flottant", Quieroz reprend à son compte le terme japonais d'ukyo-e qui définit les estampes décrivant cette beauté éphémère du monde.



Philip Guston (1913-1980)


TO J.S (Jules Supervielle), 1977

Peintre américain, Guston opère un retour à la figuration à la fin des années 60. Ici, en résonance avec un poème de Jules Supervielle, Guston montre des cheveux qui s'abreuvent. Comment s'y prend-il pour que reconnaissions des chevaux, alors que seul le fer des sabots semble identifiable ? Par une puissance poétique égale à celle de Supervielle, Les Chevaux du Temps:

Quand les chevaux du temps s'arrêtent à ma porte
J'hésite toujours un peu à les regarder boire
Puisque c'est de mon sang qu'ils étanchent leur soif.
Ils tournent vers ma face un oeil reconnaissant
Pendant que leurs longs traits m'emplissent de faiblesse
Et me laissent si las, si seul et décevant
Qu'une nuit passagère envahit mes paupières
Et qu'il me faut soudain refaire en moi des forces
pour qu'un jour où viendrait l'attelage assoiffé
Je puisse encore vivre et les désaltérer.

In Les Amis Inconnus, 1934





Markus Lüpertz (1941)


Nacht, 2013
Techniques mixtes

Markus Lüpertz, formé dans la ville féconde de Düsseldorf est un peintre majeure de la scène allemande. Ici, loin de ses grands formats inspirés par la Seconde Guerre Mondiale, il représente une figure humaine dans un paysage. Le cadre est peint par ses soins. 
La vigueur du dessin du corps s'oppose aux douceurs du paysage. Entre nervosité, inachèvements et aplats colorés, la peinture en tension stimule la vision.

N.B: une exposition consacrée à Markus Lüpertz aura lieu au Musée d'Art moderne de la Ville de Paris  à partir du 24 avril 2015. 


Robert Rauschenberg (1925-2008)

Waddington Custot Gallery

Orange, 1997

Robert Rauschenberg reprend dans ce grand format des techniques propres aux collages qu'il entreprend au début des années 50, en précurseur du  Pop Art. Ici, on est un peu dérouté par la sagesse de la composition mais la rythmique colorée s'impose et les rapprochements de formes et de couleurs retiennent l'attention.


Nicolas de Staël (1914-1955)


Nature morte, poires, fond vert et orange, 1954

Une des dernières oeuvres de Nicolas de Staël, de celles qui font oublier que l'art à une histoire, celle  de la nature morte, de la libération de la couleur... La simplicité et l'efficacité laissent pantois. A contempler sans modération, les poires de Staël sont enivrantes.

Patrick Heron (1920-1999)





Peintre anglais influencé par Matisse et Braque, Héron se tourne vers l'abstraction comme pour concentrer les motifs matissiens et leur donner une autonomie. Le vert acide répond au rouge orangé aussi bien qu'aux bleus plus apaisés. Le léger non finito apporté par le blanc nuance la saturation colorée, tout en subtilité.



Josephine Meckseper (1964)




Allemande de naissance, vivant à New-York, Josephine Meckseper s'est engagée dans un travail de décryptage de la société. Ses installations rassemblent des objets emblématiques de la société de consommation et des sculptures informelles. Un miroir reflète l'image d'un visiteur fragmenté, ainsi intégré (ou désintégré) à l'oeuvre. Le raffinement des formes combiné à une oeuvre politiquement forte.




Marc Desgrandchamps (1960)

Galerie Eigen + Art

Une fois encore, le travail de Marc Desgrandchamps surprend. 
Le bleu de la mer est peut-être plus intense que dans d'autres tableaux, l'étagement des plans colorés du paysage fait partie du corpus. Le motif de la fenêtre et des voilages, nouveaux, créent un écran. Formes, couleurs, lignes sont de qualité et de forces équivalentes. La figuration est évocatrice, mystérieuse. Admiration. 

Un très long article, Art and Fraud in China,  paru le 28 octobre 2013 à la Une du International New York Times a attiré notre attention.
Nous livrons ici quelques informations traduites, qui concernent essentiellement le marché des enchères.

Le marché chinois de la vente d'oeuvres aux enchères, balbutiant il y a 20 ans, est aujourd'hui le plus important au monde - 6,5 milliards d'Euros en 2012 , dépassant celui des Etats-Unis. Depuis, 2003, il a augmenté de 900% !

En 2011, une peinture de Qi Baishi, artiste chinois du XXème siècle a été adjugée 65, 4 millions de dollars (environ 48 millions d'Euros), somme jamais atteinte pour une oeuvre chinoise.
Les récents fortunés se tournent majoritairement vers les marques de luxe européennes; mais pour l'art, ils préfèrent de loin l'art traditionnel de leur pays.
Ce qui favorise une production de faux exponentielle. La conséquence directe de ces contrefaçons de très haute qualité est le non paiement d'un nombre important d'enchères par crainte d'achat d'un faux.
L'exemple le plus spectaculaire et le plus embarrassant est la décision de fermeture, dans la province du Hebei. La majorité des objets seraient des faux.
Légalement, les maisons d'enchères ne sont pas tenues pour responsables si les oeuvres qu'elles vendent sont des faux. Ce vide juridique empêche d'assainir efficacement le marché.
Une décision gouvernementale récente permet désormais aux maisons d'enchères occidentales d'accéder au marché de l'art chinois, ce qui est le cas de Sotheby's et Christie's
Certains enchérisseurs font monter les prix d'un artiste qu'il collectionne pour faire augmenter la cote mais ne paient pas les oeuvres acquises.
Entre 2008 et 2011, le gouvernement a suspendu la licence de 150 maisons d'enchères sur les 350 existantes.
Pour un nombre grandissant de Chinois, l'achat et la revente d'oeuvres est un moyen facile d'enrichissement. Ce qui favorise un engouement sans précédent pour la spéculation. 

Vous permettrez à l'auteur de ce site d'ajouter ce billet d'humeur:

L'art et sa commercialisation sont liés de manière inextinguible, nous en convenons
Mais il est bon de pratiquer un étonnement philosophique par rapport à des situations qui semblent intangibles. Ainsi, peut-on rêver à d'autres formes d'appropriation de l'oeuvre: attribution au mérite - un amateur d'art peu fortuné, à qui l'artiste, ses ayant-droits, ou un galeriste offrirait une oeuvre. L'alternative du tirage au sort est envisageable, une loterie; le destin réunissant l'amateur d'art peu fortuné à l'objet de sa contemplation. Cela ne manquerait pas de panache. L'affaire pourrait même devenir  happening, ce serait un exemple abouti de la participation active demandée aujourd'hui au regardeur. A notre connaissance, cela n'a pas été fait...
En dernier lieu, nous suggérons la vente aux enchères fictive. Le public enchérit. celui qui se montre le plus motivé, passionné, drôle remporte l'oeuvre, à l'issue du vote d'un jury digne de confiance. Après le succès de l'Air Guitare, qui consiste à mimer le jeu du guitariste sans produire un seul son, ce type de vente aux enchères peut trouver sa place !



Le Musée des Arts Décoratifs présente jusqu'au 1er décembre les costumes ainsi que le travail préparatoire, intense de Jean Dubuffet pour donner vie à sa peinture dans ce spectacle d'art vivant.
Des danseurs portent les costumes originaux, fort bien restaurés, et évolue dans l'exposition. C'est l'occasion d'une expérience rare de voir se déplacer ces tableaux vivants.

L'expo ne dure que cinq semaines !
Emmenez vos enfants ou ceux des autres



FIAC 2013
24-27 octobre 2013
Site du Grand Palais

Voici quelques images de la quarantième édition de la Foire Internationale d'Art Contemporain, empreintes d'une promenade dans les allées de la Nef du Grand Palais.

A noter: l'agacement devant la multitude des oeuvres d'Anish Kapoor, représenté à Paris par la galerie Kamel Mennour et à la Fiac par trois ou quatre autres de plus. Bref, l'impression que les oeuvres du plasticien indo-britannique seraient des produits d'appel sans l'attractivité du prix !


Ed Ruscha (1937, Nebraska)
Vit et travaille à Los Angeles
Roof Top View 50 Later, 2011-2012, 25X25 cm
Galerie Thomas Zander 
(Emplacement: 0.B 55)

Ed Ruscha a commencé sa carrière par la peinture, dans l'orbe du Pop Art. La photographie qu'il pratique comme un "lobby" selon ses mots, diffère de son travail de peintre. Dans cette photographie, le jeu des obliques le dispute à celui des vides et pleins des chaises, de la table, des murs. Une alliance des contraires stimulante et tempérée par les tonalités des gris.




Tara Donovan (1969, New York)
Vit et travaille à New York
Drawing (Pins), 2012
Galerie Pace 
(Emplacement 0.A 44)

Ce "dessin" pour être fidèle au titre est composé de centaines de clous très fins. Aucune photographie ne peut rendre compte de cette oeuvre changeante, sensible au moindre déplacement de celui qui regarde, fasciné par l'infini des nuances qui se créent en "live".



Barthélémy Toguo (1967, Cameroun)
Vit et travaille entre Bandjoun, New York et Paris
Talking to the Moon II, 2013
Aquarelle sur papier
250X240 cm
Galerie Lelong 
(Emplacement 0. A 42)

L'aquarelle a toujours les faveurs de Barthelemy Toguo dont le travail d'observation de notre monde se poursuit. Ici, le personnage, toujours le même ? ou bien individus interchangeables qui ingèrent , vomissent ou donnent naissance à des formes végétales. 



Robert Motherwell (1915-1991, Etats-Unis)
Open No. 50: In Orange with Black
1969
76X 101 cm

Point de débat ici sur abstraction ou figuration dans l'art. mais la rencontre de deux masses, de deux couleurs. Et puis, le léger tremblement de la ligne tracée à la main, quelques hésitations. Gestes de peintre immémoriaux







Guillaume Leblon (1971)

Souvent dans les sculptures-installations de Guillaume Leblon, un élément est posé au sol. un lien entre l'espace du regardeur et celui du mur. Précision et soin apportés aux choix des matériaux, aux formes. Ici rien n'est le fruit du hasard et la contemplation semble infinie.






Marc Desgrandchamps (1960, France)
Vit et travaille à Lyon
Sans Titre, 2013
Galerie Eigen + Art
(Emplacement 0. C 47)


La baigneuse et la déesse enfin se rencontrent. Entre réalité et onirisme. La peinture parvient à tout lier.


Pour finir deux petits formats qui retiennent particulièrement l'attention:


Tom Wesselmann (1931, Ohio- 2004, New York)

Ce petit format joue sur la multiplicité des formes, la rondeur du sein répond à celle de l'orange. La cigarette allumée crée profondeur et temporalité. Chaque élément est un fragment.
La peinture rend le grain de la peau dans une grande délicatesse.



Valérie Favre (1959, Suisse)
Vit et travaille à Paris et Berlin

Ce petit tableau, très simple, deux couleurs un peu sourdes, deux personnages, ou plutôt deux silhouettes que tout oppose et qui font entrer celui qui les regarde dans une narration douce, allusive.
Une peinture presque humble, une ligne émouvante